UNE
FEMME BATTUE
LA
FAILLITE D’UN AMOUR INTERDIT
Un homme se dresse ayant l’allure d’un prince et la
droiture d’un galant homme,
Ou plutôt d’un maître chanteur cruel, comme inspiré
des contes de fées.
Il franchit le seuil de la maison où quelques sentinelles
débonnaires montent la
Garde ET se rangent au pied du large escalier de marbre Blanc
pours l’accueillir
Dans la joie,
c’est la belle famille.
Lui, il peut être un cadre supérieur, employé, ouvrier où
même patron et venir d’un
Peu partout d’Europe du Maghreb .Il décide de se ranger
d’assurer SA descendance
Et c’est l’occasion de faire sa demande en mariage.
C’est une immense joie pour la famille de pouvoir
organiser une fête pour honorer
Cette union .On sort le tapis de laine rouge, on installe
de chaque côté deux rangées
De fauteuils et de chaises réservés aux proches. La
courtoisie des femmes et les
Tenues maculées de
blanc des hommes. Voilà comment ils obtiennent le respect.
Cette histoire va se transformer en cauchemar au file des
jours pour la promise
Innocente, souriante et détendue du début qui était
attendue. L’examen des chiffres
Permet de mettre en évidence le nombre de femmes battues.
Voilà l’histoire d’un amour interdit. La confidence d’un
cauchemar. Les discussions
Lors d’une thérapie de groupe pour femmes battues se
ressemblent :
« - Bonjour, j’ai beaucoup vieilli, beaucoup maigri
et mon corps est mort sous les
Coups et mon cœur de désespoir. Je me retrouve seule sans
personne
À qui raconter mes peines. La solitude et le chagrin pour
seule compagnie et
Le bonheur m’a
abandonné à tout jamais ne trouvant aucune issue. J’essaie
De m’accrocher à la vie. Pour panser mes plaies je me
confie à mon âme.
Beaucoup plus tard tu comprendras que j’ai cessé
d’exister, battue en pleine nuit
Par cet homme qui est mon mari. Mon âme a été violentée.
Prisonnière dans ma
Propre maison, il m’a ôtée le goût à la vie.
Révoltée par ce
comportement, ma colère a explosée pour dire : ça suffit !
J’ai reçu des coups de poings, des coups de pieds, des
insultes et des crachats.
Lorsqu’il s’acharne sur mon corps c’est mon cerveau qui
est dévasté. La haine et la
Fureur m’envahissent à cause de ce comportement
incompréhensible. Je n’ai
Trouvé aucune assistance, personne qui s’interpose, pas même la famille.
Seul dieu et la mort peuvent me délivrer de cet homme
cruel qui me crie
Constamment: je suis le maître ici, tu as compris !
Même mes protestations sont sans effet sur ce monstre
sourd et aveugle.
Sa seule réponse et de continuer à me rouer de coups
encore et encore.
Mon histoire pourrait devenir ennuyeuse à force de se
répéter. Je culpabilise.
J’ouvre mon cœur uniquement à mon journal intime qui est
ma seule consolation
Mesdames.
A présent je dois penser à moi soigner mes blessures afin
de pouvoir me relever
et
de ne plus avoir honte car ce calvaire dure depuis dix ans ! Le quitter dignement.
Epouse et la mère que je suis n’ont pas osés porter
plainte au commissariat.
La nouvelle se serait répandue, inacceptable pour la
jeune fille de bonne famille.
J’ai eu tord de ne pas agir, mais à causes des commérages
ma famille ne m’aurait
Pas pardonné, il faut être une épouse soumise. Les hommes
ont tous les droits
Et les femmes les éternelles coupables. Mon silence a
contribué à mon isolement,
À ma
marginalisation. »
Il faut briser la loi du silence !
Maintenant repose en paix. Femme battue jusqu’à la mort.
De là où tu es, tu peux regarder les étoiles qui
scintillent dans le ciel.
Devant la tombe de sa victime, les mains levées vers le
ciel, à présent
Il implore le pardon.
Que répond la société : qu’il faut se
résigner ? Accepter ce destin ?
Battue, humilier, insulter il faut dire :
STOP ! Plus jamais ça !
En levant le poing.
Faire comparaître
ces criminels devant les assises,
Et non pas un
tribunal correctionnel pour qu’ils soient étroitement surveillés
Ou enfermés à vie.
Tu ne seras pas morte pour rien, le combat continuera
après toi.
Tu n’as pas pu agir, ta colère et ta haine ont été
étouffés par trop de pudeur.
Je te défendrai avec la plume de mon stylo.
Pour les
générations futures, n’oublions pas d’aller fleurir les tombes de ces
Femmes battues,
parfois jusqu’à la mort, dans
l’indifférence des peuples.
TEXTE
DE MONSIEUR BELARBI MOURAD.